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 Discours de rentrée et préoccupations étudiantes

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Geoff
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Date d'inscription : 07/08/2007
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MessageSujet: Discours de rentrée et préoccupations étudiantes   Dim 23 Déc - 2:48

Allocution de Sébastien Schellen, président de l’AGL, à l’occasion de la rentrée académique 2007-2008

Messeigneurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers étudiants, chères étudiantes,

Ca y est, c’est la rentrée, une nouvelle année académique peut commencer.

Elle s’accompagne de sentiments très variés. Joie pour les uns de retrouver la vie universitaire et toutes les festivités qui l’accompagnent. Déception pour les autres de retourner sur les bancs des auditoires après les vacances. Pour notre institution universitaire, c’est l’occasion de rassembler toutes les forces vives qui oeuvrent à son destin. C’est aussi l’occasion de se montrer sous son meilleur jour. On vous parlera de changement, on se félicitera des succès de l’année écoulée, et on vous annoncera de nouvelles ambitions pour le futur. Dans les discours, on ne manquera sûrement pas de souligner l’importance de devenir « une université de renommée internationale », « performante » et « concurrentielle » sur le marché de l’enseignement. On vous répétera peut-être que l’UCL doit atteindre le top 10 des meilleures universités européennes, sans évoquer bien sûr le caractère limitatif des critères utilisés par ces classements, et sans préciser que leur fiabilité est unanimement remise en cause. On insistera avant tout sur l’image : on vous présentera notre alma mater comme une université moderne et attractive.

Vous serez peut-être éblouis par toutes ces ambitions. Mais peut-être aussi ne vous arrêterez-vous pas là dans votre réflexion… Peut-être chercherez-vous à savoir ce que cachent ces objectifs ambitieux et ce qu’ils impliquent pour le quotidien de notre Université. Peut-être vous interrogerez-vous sur les choix politiques qui les sous-tendent. Comme nous, étudiants, vous vous demanderez alors peut-être si l’Université a bien pour vocation de devenir un produit de marketing. Si elle peut se contenter de viser la performance, l’efficience et l’attractivité. Vous vous questionnerez pour savoir si tout ceci ne menace finalement pas la qualité de notre enseignement, sa diversité, sa finalité et son autonomie. Plus largement, vous en arriverez peut-être comme nous à vous demander si ces nouvelles orientations sont bien compatibles avec les missions que s’est donnée l’UCL, et en amont de ses missions, avec les valeurs qui fondent son identité.

Comme nous, vous commencerez alors peut-être par vous inquiéter du sort réservé par cette logique marchande à la mission sociale de l’Université. Vous vous demanderez si le souci d’efficience et de compétitivité qui anime désormais l’UCL peut réellement cohabiter avec les valeurs humanistes d’entraide, de partage et de solidarité que notre alma mater est censée mettre en oeuvre par sa politique sociale. Vous redouterez qu’au-delà de belles déclarations d’intentions, l’on se préoccupe désormais assez peu de savoir comment démocratiser l’accès aux études et à la réussite. Et vous constaterez qu’il s’agit, en effet, de moins en moins d’une priorité pour l’Université.

Vous vous interrogerez peut-être aussi sur le service à la société. Vous réaliserez que cette mission est loin de se réduire à une conséquence des missions de recherche et d’enseignement et qu’elle constitue au contraire une composante à part entière de notre institution. En discutant avec les membres de la communauté universitaire, vous vous rendrez compte de l’importance du lien social qui s’y noue. Mais vous remarquerez aussi que ce lien est en train de se détériorer. De par l’exigence constante de performance et d’efficacité. De par le manque de concertation, d’écoute et de dialogue. Et de par l’absence de considération et de respect accordés à certaines convictions et à certains points de vue.

Vous vous étonnerez également sans doute des orientations prises pour l’enseignement. Vous constaterez que l’université est de plus en plus considérée comme une entreprise productrice de diplômés directement utilisables sur le marché de l’emploi. Que les étudiants sont désormais considérés comme des clients ou des produits. Et notre enseignement comme un bien de consommation. Vous serez surpris du côté uniformisant de notre formation. De l’absence de créativité qui y règne. Vous verrez que, de plus en plus, l’enseignement est mis au service du monde des entreprises ou d’autres intérêts privés. Et que son caractère public est aujourd’hui menacé.

Vous chercherez alors peut-être à savoir où est passé ce fameux esprit critique auquel l’Université doit ouvrir ses étudiants. Vous vous rappellerez que notre alma mater avait pour mission de former de véritables citoyens, capables de penser par eux-mêmes et d’agir sur le réel. Et vous vous demanderez comment l’on peut penser par soi-même quand tout ce que l’on exige de nous est d’apprendre par coeur ce que d’autres ont pensé. Mais vous remarquerez rapidement que l’esprit critique n’est pas rentable. Qu’il n’est pas quantifiable sur le marché, et qu’on ne le mesure pas dans les classements et rankings. Et vous comprendrez alors pourquoi, malgré de belles paroles, on lui consacre en réalité si peu d’attention.

En vous intéressant d’un peu plus près au fonctionnement interne de notre université, vous réaliserez d’ailleurs que la pensée critique a là aussi perdu sa place. Vous verrez que les instances de concertation sont dans bien des cas contournées, et les mécanismes de décision non-respectés. Vous constaterez qu’en dépit du décret participation, les étudiants se voient encore souvent refuser le droit de réellement donner leur avis sur des dossiers qui les concernent au premier plan. Vous vous rendrez alors vite compte que l’Université ne fait que rarement l’objet de choix véritablement démocratiques. Et qu’elle est de plus en plus gérée sur un mode managérial, où le débat n’a plus sa raison d’être.

Sur le plan international, vous observerez enfin que l’UCL délaisse sa politique de coopération au développement pour nouer des relations avec des pays conomiquement plus porteurs. Vous verrez que dans le cadre de ces nouveaux partenariats, notre institution fait peu de cas du respect par ces pays des droits humains les plus fondamentaux. Et que la performance, la compétitivité et le profit comptent désormais avant tout.

Après ces quelques exemples, vous en arriverez peut-être comme nous à vous demander où va l’UCL. Comme nous, vous serez inquiets de voir notre institution entrer dans ce modèle uniforme d’Université rentable, attractive, et conforme aux critères mobilisés par les classements. Comme nous, vous serez inquiets de la voir privilégier le court terme sur le long terme. Vous serez inquiets de la voir brader ses valeurs, ses missions et son modèle au nom du changement et de la soumission à la dure loi de la concurrence. Vous exprimerez ces inquiétudes, et on vous répondra probablement comme à nous que vous agissez par immobilisme, par conservatisme ou par résistance gratuite. On vous dira peut-être même que vous êtes trop jeunes pour comprendre…

Pour notre part, nous ne pouvons nous satisfaire de telles réponses. Nous sommes convaincus que pour se faire une place dans son nouvel environnement, et l’occuper de manière durable, l’UCL ne peut se contenter de se plier aux exigences du marché. Nous pensons qu’elle doit continuer à se réclamer d’un projet universitaire fort, conforme à son identité. Et que la voie du changement n’est pas incompatible avec le maintien des valeurs qui font sa spécificité. Si nous croyons cela, ce n’est pas par immobilisme, par conservatisme ou par résistance gratuite, mais parce que nous tenons à notre Université. Parce que nous sommes nous aussi animés par la volonté d’améliorer sa qualité et son quotidien. Parce que nous jugeons que notre alma mater appartient à chacun des membres qui la composent, et que c’est ensemble que nous devons construire son avenir. Parce que nous considérons que notre attachement à l’UCL s’exprime également par le regard critique que nous pouvons porter sur elle. Et parce que par delà les obstacles dressés sur notre route, nous continuons à croire à un idéal d’université que nous pensons à la fois possible et nécessaire, pour nous, pour toute la communauté universitaire, mais aussi pour la société dans son ensemble.

Je vous remercie.
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Geoff
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MessageSujet: Re: Discours de rentrée et préoccupations étudiantes   Dim 23 Déc - 2:50

Discours
Les valeurs qui fondent notre Université1

Chers étudiants,
Chères étudiantes,
Messeigneurs,
Mesdames et messieurs,

Vous ne le savez peut-être pas, mais un discours comme celui-ci est précédé de toute une procédure. Fidèles à la tradition, les représentants étudiants de toutes les facultés se penchent sur le sujet qui doit ici être abordé. Les mots sont pesés et réfléchis en cercle restreint, afin que rien ne soit perdu du message à faire passer.

Quelques jours après notre rencontre, il fut dès lors pour le moins étonnant de constater que le discours délivré par un représentant étudiant lors de la cérémonie de rentrée académique de notre université-sœur, l'UCL, mette précisément en avant le même thème que celui que nous avions choisi d'aborder : « L'importance de ne pas perdre de vue les valeurs qui fondent notre université. » Un plaidoyer pour l'université comme lieu d'asile intellectuel, donnant de l'espace à la recherche et à l'enseignement sans céder aux lois économiques et aux exigences de productivité imposées par la société.

Ne nous comprenez pas mal, nous sommes en tant qu'étudiants entièrement conscients du fait que comme institution de la connaissance, une université doive tenir compte des réalités de l'économie d'entreprise : dans sa recherche, elle doit anticiper les besoins de la société actuelle, tout comme elle doit à travers son enseignement former ses étudiants à devenir des travailleurs compétents, dotés des aptitudes nécessaires pour trouver une place sur le marché de l'emploi.

Mais une université doit offrir davantage que cela : elle a pour particularité de préparer les étudiants à entrer pleinement dans la société. Ces étudiants sont en effet ceux qui doivent former et envoyer une voix critique, et il est donc essentiel d'également accorder une attention permanente à cet aspect dans l'élaboration des programmes. Une discipline comme la philosophie, qui est présente dans toutes les formations, en est à cet égard bien trop souvent réduite à être purement mémorisée par cœur, alors que son enseignement devrait précisément pouvoir être l'occasion de mettre à l'épreuve la capacité de réflexion et d'aiguiser le sens critique des étudiants. Chaque discipline connaît son propre discours, sa propre manière de penser, mais cela n'empêche pas que les étudiants, les professeurs et les chercheurs puissent à partir d'un cadre commun pour entrer ensemble en débat sur des thèmes universels.

C'est justement ce genre d'interaction, par delà les frontières des formations et des disciplines, qui doit être stimulée. La véritable interdisciplinarité, dont on parle si volontiers, s'exprime encore beaucoup trop rarement dans l'enseignement et la recherche. Les disciplines de base, autrefois encore enseignés par des professeurs d'une autre faculté, sont désormais pour des raisons financières confiées à des spécialistes auto-déclarés de la faculté d'origine. Un groupe de réflexion sur le débat social a l'année dernière développé une proposition de projet qui devait stimuler et mettre en route le débat interdisciplinaire à l'intérieur de l'université. En tant qu'étudiants, nous voulons exprimer le souhait que ces propositions soient entendues.

Les académiques ne se voient pas seulement réserver une tâche importante dans le processus de formation, mais également vis-à-vis du monde extérieur. En tant que chercheurs et intellectuels, ils doivent s'intéresser aux défis de la société. Ce n'est naturellement pas là une tâche facile. L'université vient de se constituer comme institution indépendante, où les recherches puissent être menées en toute sérénité, mais les académiques ne peuvent pas se cacher derrière cette neutralité. Ils doivent oser se mêler activement aux débats de société, sans prendre parti pour un côté ou l'autre de l'opinion publique, sans préjugés, mais sur base de leurs connaissances et aptitudes scientifiques.

Les professeurs ne sont pas les seuls à devoir être attentifs à une réserve trop prudente. Comme précédemment évoqué, la formation sociale des étudiants doit être incorporée aux programmes. Mais les étudiants ont ici également un rôle à jouer. L'engagement dans des cercles, dans des organisations libres et des associations sociales de toutes sortes n'est à cet égard pas à négliger. Entre les cours et l'étude, ces groupes investissent beaucoup de temps dans l'organisation d'activités, la mise en place de services de cours, et même l'exploitation de bars facultaires. Mais en ces temps d'individualisme, l'engagement semble pour beaucoup d'étudiants se réduire à passer du bon temps ou étoffer son CV. Pour ce qui est de la formation, certains semblent seulement s'intéresser au diplôme comme ticket d'accès vers une belle carrière. Il n'y a en soi rien de mal à cela, mais nous étudiants devons également être conscients du rôle qui nous est réservé en tant que leaders d'opinion du futur.

L'université devrait nous soutenir dans cette voie par la manière dont elle organise l'enseignement.

L'implémentation de la structure baccalauréat-master, qui devrait d'urgence faire l'objet d'une évaluation profonde, a considérablement augmenté la charge de travail dans diverses formations. Si de nouvelles réformes sont menées dans le futur, il est de la responsabilité des autorités académiques de ne pas les réaliser dans l'urgence, mais de façon réfléchie et concertée. Au vu de plusieurs réformes, il est compréhensible qu'un certain conservatisme mène en divers endroits au scepticisme. Nous devons aller à l'encontre de cette tendance en créant des espaces de transition et en donnant aux gens la possibilité de s'adapter aux changements. En accordant durant ce processus de l'attention à l'engagement des étudiants, on leur donnera l'opportunité de se distinguer dans la société et de réaliser leur mission.

A côté de l'université, les autorités politiques ne peuvent pas non plus négliger l'aspect social d'une formation universitaire. Il en va du développement de la raison, et pas seulement d'une rationalité efficace. Des réformes telles que le nouveau décret de financement ne doivent pas se limiter à la création de formats simples, mais doivent également se donner pour objectif de créer un espace ouvert dans l'enseignement supérieur. De cette manière, les étudiants pourront terminer leurs études en étant non seulement des spécialistes, mais également des citoyens engagés et critiques.

L'aspect social de la formation ne joue nulle part un rôle plus important que sur le plan international. Les contacts avec d'autres universités peuvent dans ce cadre être enrichissants aussi bien pour les étudiants que pour les chercheurs, et la K.U.Leuven a ces dernières années développé une intense collaboration avec différentes universités étrangères. Il n'est toutefois pas inconnu du public que les droits humains universels sont dans un certain nombre de ces pays bafoués. Ici non plus ne voulons-nous pas en tant qu'étudiants nous positionner comme des idéalistes aveugles - fermer les portes au monde extérieur n'est certes pas une solution - mais nous voulons plutôt demander que les autorités académiques conservent dans l'élaboration de ces contacts une attention permanente à l'égard des situations intolérables qui relèvent dans plusieurs de ces pays de la réalité quotidienne. Pas à pas, l'université pourra de cette manière tenter d'améliorer la qualité de vie mondiale. La recherche universitaire ne peut en effet se mener à n'importe quel prix. « Vous verrez que dans le cadre de ces nouveaux partenariats, notre institution fait peu de cas du respect par ces pays des droits humains les plus fondamentaux. »

Il est tout de même assez particulier que deux Conseils étudiants, totalement indépendants l'un de l'autre, jugent les mêmes sujets d'une telle importance qu'ils veuillent saisir l'opportunité de leurs deux rentrées académiques pour les aborder. Cela nous renforce dans notre conviction que ces thématiques de l'engagement social et de la responsabilité collective dépassent les frontières de la langue et de la culture. Le rôle de l'université est un rôle d'implication active dans toutes les facettes de la vie humaine. Et c'est en cela que réside notre tâche à tous.

Je vous remercie.

Discours délivré par Klaas Keirse, au nom des étudiants louvanistes KUL.

1 Les mots en italiques sont en français dans le texte.
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Geoff
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MessageSujet: Re: Discours de rentrée et préoccupations étudiantes   Dim 23 Déc - 2:54

Comme quoi deux sujets sont présents dans les préoccupations des étudiants francophones, flamands, de l'ULB comme de l'UCL.

L'université face à la logique du marché : les dangers de passer d'un modèle Humboldtien à l'économie de la connaissance.. ce que l'ULB est d'ailleurs bien occupée à faire.

Et l'université et les valeurs...
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RenaudM
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MessageSujet: Certes oui...   Dim 23 Déc - 17:36

Tu noteras cependant, cher Président, des petites différences dans la manière d'exprimer ces inquiétudes communes à tous les étudiants belges...
Nous sommes presque sur la même longueur d'onde, certes, mais pour citer Jonathan Brauner, "le diable est dans le presque".
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Geoff
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MessageSujet: Re: Discours de rentrée et préoccupations étudiantes   Dim 23 Déc - 21:21

RenaudM a écrit:
Tu noteras cependant, cher Président, des petites différences dans la manière d'exprimer ces inquiétudes communes à tous les étudiants belges...
Nous sommes presque sur la même longueur d'onde, certes, mais pour citer Jonathan Brauner, "le diable est dans le presque".

Oui, comme le fait qu'ils parlent de libre examen sans jamais le citer;-)
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MessageSujet: Re: Discours de rentrée et préoccupations étudiantes   

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